CHIRURGIE DE LA RACINE AORTIQUE

RÉPARATION DE LA VALVE AORTIQUE

Le remplacement valvulaire aortique (RVA) par une prothèse biologique ou mécanique a traditionnellement été le traitement de choix pendant des décennies pour les patients atteints d'insuffisance valvulaire aortique sévère, ou sténose valvulaire aortique serrée. Cependant, le remplacement valvulaire prothétique est loin d'être une solution idéale car elle est associée à de nombreuses complications. Les valves mécaniques nécessitent une anticoagulation à vie, ce qui expose le patient à un risque d'hémorragie en cas de surdosage (1% par an) ou thrombo-embolique en cas de sous dosage (1% de risque par an). Au contraire, les valves biologiques n’ont pas de nécessité d’un traitement anticoagulant, mais subissent une dégénérescence structurelle avec le temps, avec un risque de reprise chirurgicale. La médiane de ré-intervention (survie de ces prothèses biologiques) se situe, selon l’âge des patients et le type de prothèse, entre 10 et 12 ans.  Par ailleurs, tous les types de prothèses biologiques ou mécaniques sont soumis au risque d’endocardite, dont l’incidence est de 1% par an. Comme dans le cas de la valve mitrale (VM), ces préoccupations ont donné l'impulsion pour le développement de la réparation valvulaire aortique ou valvuloplastie aortique (VA). Les VA offrent des résultats très prometteurs, par ailleurs, elles n’exposent pas les patients aux risques liés à l'anticoagulation comme dans le cas des valves mécaniques.
Plusieurs cohortes pionnières ont atteint des résultats à long ou très long terme, jusqu'à 20 ans, avec une excellente stabilité de la réparation. De plus, le développement actuel des recherches sur les divers techniques de réparation, « remodeling aortique selon Yacoub » avec annulopalstie ou « réimplantation selon Tirone David » ont conduit à plusieurs améliorations significatives des techniques chirurgicales, comme une meilleure stabilisation de la réparation dans le temps, considérant même les réparations des valves bicuspides. Notre équipe est aguerrie à ces techniques et nous privilégions systématiquement une réparation valvulaire quand celle-ci est possible, par rapport à un remplacement.

CHIRURGIE DU REMPLACEMENT VALVULAIRE AORTIQUE PAR MINI-THORACOTOMIE

La chirurgie valvulaire via une sternotomie médiane a toujours été la norme de soin, bien que diverses approches mini-invasives soient de plus en plus acceptées depuis une décennie. Cette approche par mini-thoracotomie droite dans le 3ème espace intercostal limite le retentissement sur la mécanique respiratoire. Cela permet une reprise d’activité plus précoce, dans les 6 semaines postopératoires.

ROSS AVEC INCLUSION

Dans le même état d’esprit que précédemment, chez des patients jeunes (âges < à 50 ans) nous pouvons proposer à Annecy une intervention de ROSS.  Cette technique consiste à prélever l’autogreffe valvulaire pulmonaire, l’inclure dans un tube en dacron et la positionner en position aortique. Nous réparons la voie de sortie du ventricule droit par une homogreffe pulmonaire (ou valve biologique en cas d’absence) que nous nous octroyons dans une banque de Tissu à Lyon.
De nombreuses études ont montré qu'il existe un succès clinique durable et à long terme de cette procédure avec un taux de mortalité extrêmement faible. La valve pulmonaire, ou autogreffe, remplaçant la valve aortique ne dégénère pas car elle appartient au patient et nous n’avons pas besoin de traitement anticoagulant. Les pressions plus basses du côté du cœur droit créant moins de stress permettent de diminuer la dégénérescence d’une bioprothèse valvulaire ou de l’homogreffe pulmonaire.

 

Association Annécienne de Chirurgie Cardiaque

04 56 49 72 46

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